Microsoft Dataverse : c'est quoi et comment s'y former ?

Dataverse, c'est quoi ? Tables, relations, sécurité par rôles, règles métier, solutions : le guide de la base de la Power Platform et comment s'y former.

Microsoft Dataverse est la base de données de la Power Platform : un service cloud qui stocke les données de vos applications métier dans des tables, avec des relations, des règles métier et une sécurité fine par rôle. Power Apps, Power Automate, Power Pages et Copilot Studio s’y connectent nativement, et les applications Dynamics 365 y stockent aussi leurs données. Vous n’administrez ni serveur ni stockage : vous modélisez vos données, Dataverse se charge du reste.

Dataverse, c’est quoi exactement ?

Dataverse (anciennement Common Data Service) organise les données en tables, faites de lignes (autrefois « enregistrements ») et de colonnes (autrefois « champs »). Les « entités » sont devenues des tables, les « groupes d’options » des choix : vous croiserez encore les anciens termes dans des tutoriels.

Ce qui le distingue d’un simple stockage : un modèle de données riche (types, relations, clés), une logique côté serveur (règles métier, colonnes calculées), un modèle de sécurité complet, l’audit des modifications et une gestion du cycle de vie par les solutions. Pour situer Dataverse parmi les autres briques, lisez Qu’est-ce que la Power Platform ?.

Tables standard et tables personnalisées : quelle différence ?

Un environnement doté de Dataverse contient d’emblée des tables standard, conçues selon les bonnes pratiques pour les besoins courants : Compte, Contact, Utilisateur, Unité commerciale, Tâche… La plupart sont personnalisables : vous pouvez y ajouter des colonnes.

Pour vos données propres, vous créez des tables personnalisées : Intervention, Équipement, Contrat, Demande d’achat. Dataverse propose aussi des types particuliers :

  • les tables d’activité, pour tout ce qui se place dans un calendrier (rendez-vous, appel, e-mail) ;
  • les tables virtuelles, qui affichent à la volée des données stockées dans une source externe, comme une base Azure SQL ;
  • les tables élastiques, prévues pour de très gros volumes.

Piège fréquent : à la création d’une table personnalisée, vous choisissez son type de propriété, notamment Utilisateur ou équipe ou Organisation. Ce choix est définitif. Une table appartenant à l’organisation ne permettra jamais de restreindre l’accès à « mes lignes » ou à « celles de mon service ». En cas de doute, choisissez Utilisateur ou équipe.

Colonnes, choix et relations : comment modéliser ses données ?

Les types de colonnes

Dataverse propose des types précis : Texte, Nombre entier, Nombre décimal, Devise, Date et heure, Oui/Non, Fichier, Image, Recherche… Les colonnes Choix proposent une liste de valeurs fermée (statut, priorité, région). Leur variante à sélection multiple ne fonctionne ni avec les règles métier, ni avec les colonnes calculées ou de cumul : réservez-la aux cas qui l’exigent.

Pour calculer sans code, trois outils : les colonnes de formule, écrites en Power Fx, les colonnes calculées et les colonnes de cumul, qui agrègent des lignes liées (par exemple, le nombre d’interventions ouvertes sur un équipement).

Les relations entre tables

Dataverse connaît deux types de relations :

  1. Un-à-plusieurs (1:N) : un client a plusieurs contrats. On la crée en ajoutant une colonne Recherche sur la table « enfant ». Vue depuis l’enfant, c’est une relation plusieurs-à-un (N:1).
  2. Plusieurs-à-plusieurs (N:N) : un technicien intervient sur plusieurs sites, et chaque site accueille plusieurs techniciens.

Chaque relation 1:N définit aussi un comportement : que deviennent les lignes liées quand on supprime, réattribue ou partage la ligne parente ? Suppression en cascade, suppression du lien, ou blocage (Restreindre). C’est ce qui garantit l’intégrité des données.

Bon réflexe : ne stockez rien de sensible dans la colonne de nom principal d’une table : il reste visible via les colonnes de recherche, même pour qui n’a pas accès à la ligne liée.

Comment fonctionne la sécurité dans Dataverse ?

Le modèle de sécurité, l’un des grands atouts de Dataverse, combine plusieurs couches.

  • Les rôles de sécurité regroupent des privilèges (Créer, Lire, Écrire, Supprimer, Ajouter, Ajouter à, Attribuer, Partager) table par table, avec un niveau d’accès pour chacun : Utilisateur, Unité commerciale, Unité commerciale parent:enfant, Organisation.
  • Les unités commerciales découpent l’environnement en périmètres : une par agence, par filiale ou par direction. Chaque utilisateur appartient à une unité commerciale.
  • Les équipes reçoivent des rôles et peuvent posséder des lignes ; une équipe peut être liée à un groupe de sécurité Microsoft Entra pour simplifier la gestion.
  • La sécurité au niveau des colonnes protège une colonne sensible (salaire, numéro de sécurité sociale) même pour qui voit la ligne.
  • Le partage traite les exceptions, ligne par ligne.

Exemple : un technicien gère ses interventions (niveau Utilisateur), son responsable celles de l’agence (Unité commerciale), la direction toutes (Organisation).

À savoir : les privilèges sont cumulatifs. Un utilisateur obtient l’accès le plus large que lui donnent l’ensemble de ses rôles et de ses équipes ; un rôle ne peut pas en restreindre un autre. On conçoit donc les rôles du plus restreint au plus large, jamais l’inverse.

Que sont les règles métier Dataverse ?

Les règles métier appliquent une logique sans code : définir ou effacer une valeur, poser une valeur par défaut, valider une donnée et afficher un message d’erreur. Exemple : « si le montant dépasse le seuil de délégation, le champ Justification doit être renseigné ».

Leur intérêt : elles sont définies une fois, sur la table, et s’appliquent aux applications canevas comme aux applications pilotées par modèle qui l’utilisent. Certaines actions (afficher ou masquer, activer ou désactiver une colonne) ne fonctionnent toutefois que dans les formulaires des applications pilotées par modèle.

Quelle différence entre Dataverse et Dataverse for Teams ?

Dataverse for Teams est une version allégée, incluse dans certains abonnements Microsoft 365, pour créer des applications, des flux et des agents directement dans Teams.

Critère Dataverse for Teams Dataverse
Environnements Un par équipe Teams Autant que nécessaire
Capacité 2 Go, environ 1 million de lignes Selon la capacité de stockage du locataire
Applications pilotées par modèle Non Oui
Accès API, plug-ins Non Oui
Rôles de sécurité Préconfigurés (propriétaires, membres, invités) Rôles standard et personnalisés
Unités commerciales Une seule Illimitées
Sécurité au niveau des colonnes, audit Non Oui
Cycle de vie Lié à l’équipe : supprimée avec elle Indépendant

Dataverse for Teams convient pour démarrer un petit projet d’équipe. Dès que le besoin dépasse l’équipe, il est possible de mettre à niveau l’environnement vers Dataverse.

Comment Dataverse s’articule-t-il avec le reste de la Power Platform ?

  • Power Apps : les applications pilotées par modèle ne peuvent exister sans Dataverse. Formulaires, vues, graphiques et navigation entre lignes liées sont générés à partir de votre modèle de données. Les applications canevas peuvent aussi s’appuyer sur Dataverse, avec l’avantage d’une source qui délègue davantage de fonctions que SharePoint (voir Délégation Power Apps : comprendre et éviter le piège).
  • Power Automate : le déclencheur « Lorsqu’une ligne est ajoutée, modifiée ou supprimée » lance un flux à chaque changement, avec une étendue (Utilisateur, Unité commerciale, Organisation…) et des filtres sur les colonnes.
  • Power Pages : les sites externes lisent et écrivent les mêmes données Dataverse que vos applications internes. Pour en savoir plus : Power Pages, c’est quoi ?.
  • Copilot Studio : un agent peut utiliser des tables Dataverse comme source de connaissances pour répondre à partir de vos données ; l’utilisateur doit alors s’authentifier avec son compte Microsoft.

Solutions et ALM : pourquoi est-ce indispensable ?

Dans Dataverse, tout ce que vous créez (tables, applications, flux, rôles, agents) vit dans une solution, l’outil de gestion du cycle de vie des applications (ALM).

  1. Créez votre propre éditeur de solutions, avec un préfixe (par exemple iam), avant toute table : le préfixe est intégré au nom technique des colonnes et ne peut plus être changé ensuite.
  2. Développez dans une solution non gérée, dans un environnement de développement.
  3. Exportez-la en solution gérée et importez-la en test, puis en production.

Évitez de travailler directement dans la solution par défaut ou en production : c’est une erreur coûteuse à rattraper.

Quand adopter Dataverse ?

Dataverse se justifie dès que vous avez plusieurs tables reliées, des droits différents selon les profils, un besoin d’audit, une application pilotée par modèle ou un portail Power Pages en vue. Il relève de licences spécifiques : faites le point avec votre administrateur. Pour un besoin simple et documentaire, une liste SharePoint suffit souvent. Nous comparons les deux en détail dans SharePoint ou Dataverse : que choisir ?.

Comment se former à Dataverse ?

Une progression qui fonctionne :

  1. Comprendre la plateforme et le rôle de chaque brique.
  2. Maîtriser Power Apps canevas et Power Fx, pour savoir exploiter les données une fois modélisées.
  3. Apprendre la modélisation Dataverse : tables, types de colonnes, relations et comportements, règles métier.
  4. Construire la sécurité : rôles, unités commerciales, équipes.
  5. Créer des applications pilotées par modèle et organiser le travail en solutions, de l’environnement de développement à la production.

Les étapes 3 à 5 forment le cœur de notre formation Power Apps — Perfectionnement : tables et relations, règles métier, sécurité par rôle, applications pilotées par modèle et ALM. Pour combiner Power Apps, Power Automate et Dataverse dans un projet fil rouge de bout en bout, voyez le Parcours — Développeur d’applications Power Platform. Ces formations se déroulent à distance ou en intra, dans vos locaux.

Questions fréquentes

Dataverse est-il une base de données SQL ?

Pas au sens classique : c’est un service cloud géré, sans serveur ni base SQL à administrer. Il ajoute ce qu’une base brute n’offre pas d’emblée : sécurité par rôle, règles métier, audit, solutions.

Dataverse est-il inclus dans Microsoft 365 ?

Pas dans sa version complète, qui relève de licences Power Apps, Power Automate ou Dynamics 365. Certains abonnements Microsoft 365 donnent accès à Dataverse for Teams, limité aux applications créées dans Teams.

Faut-il savoir coder pour utiliser Dataverse ?

Non. Tables, relations, règles métier, rôles et applications pilotées par modèle se configurent sans code. Les développeurs peuvent l’étendre (plug-ins, API) si besoin.

Quelle différence entre Dataverse et SharePoint ?

Ce sont deux briques distinctes. SharePoint est le socle collaboratif de Microsoft 365 (intranet, gestion documentaire, sites de communication) ; Dataverse est une base de données pour applications d’entreprise. Beaucoup de solutions combinent les deux.