Copilot Studio : créer un agent pas à pas, de l'idée à Teams

Copilot Studio : comment créer un agent ? Instructions, sources de connaissances, sujets, outils, tests et publication dans Teams, étape par étape.

Pour créer un agent dans Copilot Studio, vous décrivez son rôle en langage naturel, vous rédigez ses instructions, vous le reliez à des sources de connaissances (sites web, SharePoint, fichiers), vous ajoutez si besoin des sujets et des outils, puis vous le testez et le publiez dans Teams ou sur un site web. Le plus long, c’est de cadrer ce qu’il doit faire. Voici la méthode, étape par étape.

Agent, copilote : de quoi parle-t-on ?

Copilot Studio (anciennement Power Virtual Agents) sert à concevoir des assistants conversationnels sur mesure. Le vocabulaire a souvent changé. Ce qu’on appelait des « copilotes » s’appelle désormais des agents, et les « actions » sont devenues des outils (tools). Si vous suivez un tutoriel plus ancien, les écrans ne correspondront pas toujours.

Un agent combine trois choses :

  • des instructions, qui fixent son rôle, son ton et ses limites ;
  • des connaissances, c’est-à-dire les contenus dans lesquels il cherche ses réponses ;
  • des capacités d’action, avec des sujets (conversations guidées) et des outils (connecteurs, flux, API).

Si vous découvrez l’IA générative en entreprise, commencez par notre article Copilot et IA générative en entreprise : par où commencer ?.

Étape 1 : cadrer le besoin avant d’ouvrir l’outil

Un bon agent répond à un besoin métier précis. Avant de créer quoi que ce soit, écrivez en trois lignes :

  1. Qui va l’utiliser (salariés, clients, une équipe précise) ;
  2. Quelles questions il doit traiter (par exemple : « Combien de jours de télétravail ai-je droit ? », « Comment déclarer une note de frais ? ») ;
  3. Ce qu’il ne doit pas faire (donner un avis juridique, traiter des données de paie…).

Exemple réaliste : un agent RH qui répond aux questions sur les congés, le télétravail et la mutuelle, à partir des documents RH déjà publiés sur SharePoint.

Étape 2 : créer l’agent

Connectez-vous à Copilot Studio (copilotstudio.microsoft.com). Sur la page d’accueil, décrivez votre agent en langage naturel. Par exemple : « Aide les salariés à trouver les règles RH sur les congés, le télétravail et la mutuelle. »

L’IA génère alors un nom, une description et des instructions, et propose des sources de connaissances et des outils. Tout reste modifiable.

Point d’attention : Copilot Studio s’appuie sur un environnement Power Platform. Choisissez le bon dès le départ (un environnement de développement plutôt que l’environnement par défaut), comme expliqué dans notre article sur la gouvernance de la Power Platform.

Étape 3 : rédiger des instructions efficaces

Les instructions sont le texte le plus important de votre agent : il les lit pour décider comment répondre. Elles se modifient dans la page Vue d’ensemble (Overview). Une bonne structure :

  • Rôle : « Tu es l’assistant RH de l’entreprise. Tu réponds aux salariés. »
  • Périmètre : « Tu traites uniquement les congés, le télétravail et la mutuelle. »
  • Sources : « Appuie-toi uniquement sur les documents RH fournis et cite toujours la source. »
  • Ton et format : « Réponds en français, en phrases courtes, avec des listes à puces si nécessaire. »
  • Limites : « Si la question sort de ton périmètre, oriente vers le service RH. »

La documentation Microsoft conseille d’ailleurs de demander explicitement à l’agent de citer ses sources. Elle déconseille aussi les instructions qui suppriment les références ou imposent un format rigide : elles peuvent empêcher l’agent de produire des réponses sourcées. Les mêmes principes de rédaction valent pour vos demandes quotidiennes : voyez nos exemples de prompts Copilot.

Étape 4 : ajouter des sources de connaissances

Dans la section Connaissances (Knowledge), vous indiquez à l’agent où chercher. Les principales sources :

Source Ce que fait l’agent Accès aux contenus
Site web public Recherche via Bing, limitée aux sites indiqués Aucune authentification
SharePoint Interroge les sites ou bibliothèques indiqués L’utilisateur ne voit que ce à quoi il a déjà accès
Fichiers chargés Cherche dans les documents déposés dans l’agent Fichiers stockés dans Dataverse
Dataverse Interroge des tables de votre environnement Selon les droits de l’utilisateur
Connecteurs Interroge des données d’entreprise indexées par Microsoft Search Selon les droits de l’utilisateur

Le point clé pour SharePoint : l’agent applique les autorisations de l’utilisateur connecté. Un salarié n’obtiendra jamais une réponse tirée d’un document qu’il ne peut pas ouvrir. C’est rassurant, mais cela suppose des droits bien rangés. Si votre intranet n’est pas encore structuré, lisez nos bonnes pratiques pour un intranet SharePoint.

Dans les paramètres d’IA générative, le réglage Allow ungrounded responses décide si l’agent peut répondre avec ses connaissances générales quand aucune source ne s’applique. Pour un agent RH, désactivez-le : mieux vaut « je ne sais pas » qu’une règle inventée.

Étape 5 : créer des sujets pour les conversations guidées

Un sujet (topic) est un scénario de conversation que vous dessinez sur un canevas, avec des nœuds : Message, Question, Condition, appel d’outil, etc.

Par défaut, les agents utilisent l’orchestration générative : l’agent choisit lui-même le sujet, l’outil ou la source le plus adapté, en s’appuyant sur la description de chaque sujet. En mode classique, ce sont les phrases de déclenchement qui activent un sujet.

Les sujets restent utiles quand la réponse doit suivre un chemin précis. Exemple : « Déclarer un arrêt maladie » pose trois questions (date de début, durée, justificatif transmis ?), puis affiche la procédure adaptée. Chaque agent contient aussi des sujets système (début de conversation, repli, escalade vers un humain). Personnalisez au moins le message d’accueil : il indique ce que fait l’agent et qu’il utilise l’IA.

Étape 6 : ajouter des outils pour agir

Un agent ne se contente pas de répondre : avec les outils, il agit. Dans la page Outils (Tools), vous pouvez ajouter :

  • un connecteur Power Platform (envoyer un e-mail Outlook, créer un élément de liste SharePoint, publier dans Teams) ;
  • un flux d’agent (agent flow), pour enchaîner plusieurs actions ;
  • un prompt, pour une tâche ponctuelle de rédaction ou d’analyse ;
  • une API REST ou un serveur MCP (Model Context Protocol), pour des systèmes plus techniques.

Soignez la description de chaque outil : c’est elle qui permet à l’orchestration générative de savoir quand l’utiliser. Pour toute action sensible, activez l’option qui demande confirmation à l’utilisateur avant exécution. Choisissez aussi l’authentification : avec les identifiants de l’utilisateur final (recommandé, chacun n’agit qu’avec ses droits) ou avec ceux du créateur de l’agent.

Si vos processus sont déjà automatisés avec Power Automate, ces flux peuvent souvent servir de point de départ à vos outils.

Étape 7 : tester, encore et encore

Le volet Tester votre agent permet de dialoguer avec lui en temps réel. Préparez une vingtaine de questions réelles, formulées avec les mots de vos utilisateurs, y compris hors sujet. Pour chaque réponse, vérifiez :

  • que la réponse est juste et sourcée ;
  • que l’agent refuse poliment ce qui sort de son périmètre ;
  • que les outils se déclenchent au bon moment, et seulement à ce moment-là.

Après chaque modification, relancez une nouvelle session de test : l’ancienne conversation garde le contexte précédent.

Étape 8 : publier dans Teams ou sur un site web

Cliquez sur Publier. Une étape est souvent oubliée : chaque modification doit être republiée, sinon vos utilisateurs continuent d’utiliser l’ancienne version. Ensuite, dans Canaux, choisissez où diffuser l’agent :

  • Teams et Microsoft Copilot : le canal naturel pour un agent interne ;
  • SharePoint : l’agent apparaît sur un site de votre intranet ;
  • Site web de démonstration : pratique pour recueillir l’avis d’un petit groupe, mais pas destiné à la production ;
  • Site web personnalisé, application mobile et d’autres canaux pour un usage externe.

Par défaut, l’agent utilise l’authentification Microsoft (Microsoft Entra ID). L’option « Aucune authentification » rend l’agent accessible à toute personne disposant du lien : à réserver à un agent public, sans données internes. Microsoft recommande aussi de publier d’abord l’agent pour vous seul dans Teams, de le tester, puis de l’ouvrir progressivement.

À noter : selon la politique de votre organisation, certains canaux ou outils peuvent être bloqués par l’administrateur.

Les bonnes pratiques qui font la différence

  • Un agent, un métier. Un agent « qui sait tout » répond mal à tout.
  • Des sources propres, chacune avec un propriétaire : des documents obsolètes donnent des réponses obsolètes.
  • Des descriptions précises pour les sujets et les outils : c’est ce que lit l’orchestrateur.
  • Une amélioration continue à partir des analyses de Copilot Studio.
  • Un cadre posé avec l’IT : environnements, connecteurs autorisés, canaux de publication.

Se faire accompagner

Créer un premier agent est accessible. Concevoir un agent fiable, sécurisé et réellement adopté demande plus de méthode. C’est l’objet de notre formation Copilot Studio — Créer ses agents, où nos experts vous font construire vos agents sur vos propres cas d’usage, à distance ou en intra dans vos locaux.

Questions fréquentes

Faut-il savoir coder pour créer un agent Copilot Studio ?

Non. La création, les instructions, les sources de connaissances et les sujets se configurent sans code. Des notions de Power Automate et de Power Fx deviennent utiles dès que l’agent doit agir dans vos applications, et les API ou serveurs MCP relèvent plutôt de profils techniques.

Quelle différence entre un sujet et un outil ?

Un sujet est une conversation guidée que vous dessinez nœud par nœud. Un outil est une capacité d’action (envoyer un e-mail, créer un élément, appeler une API) que l’agent peut déclencher seul ou depuis un sujet.

L’agent peut-il divulguer des documents confidentiels ?

Avec une source SharePoint et l’authentification Microsoft, l’agent répond avec les droits de l’utilisateur connecté : il ne lui montre que ce qu’il peut déjà ouvrir. Le risque vient surtout de documents partagés trop largement : vérifiez les droits avant de connecter une source.

Peut-on publier un agent avec une version d’essai ?

La version d’essai permet de créer et de tester un agent dans le volet de test, mais pas de le publier. Pour publier, il faut une licence adaptée : rapprochez-vous de votre administrateur Microsoft 365.

Pourquoi mon agent ne répond-il pas avec la dernière version ?

Vous n’avez sans doute pas republié après vos modifications. Dans Teams, une conversation en cours peut aussi conserver l’ancienne version : tapez « start over » pour ouvrir une nouvelle session.